Agriculture, Homme et avenir

Etat des lieux

Selon le géologue Daniel Nahon, près de 80% des terres émergées dans le monde sont non cultivables, en raison soit du climat, ou de la composition du sol. Seul 2,7 milliards d'hectares sont cultivables dans le monde et uniquement la moitié est cultivée, le reste étant occupé par des espaces naturels.

Quelle est l'évolution de la situation depuis les années 1960?

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évolution de la population, de la quantité de terre cultivée et de la production de céréales dans le monde (diverses sources, dont FAO et office mondial de la statistique).

Comme on le constate sur le graphique, depuis les années 1960 la surface des terres cultivées n'a pas changé, alors que dans le même temps, la population mondiale a été  multipliée par 2,5. Dans le même temps la production de céréales a été elle multipliée par 3. Comment expliquer l'augmentation de la production de céréales, c'est à dire de la quantité de céréales produites, alors que la surface cultivées n'a pas été modifiée. En fait cela s'explique par l'augmentation du rendement par une agriculture à fort rendement grâce à l'apport des intrants. Ce phénomène (apport d'intrants) est il un phénomène mondial?

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On constate que l'expansion des superficies est limitée excepté pour l'amérique latine, mais cette augmentation est marginale par rapport à la superficie planétaire. De même l'intensité culturale (champs cultivés toute l'année, notamment grâce à l'irrigation) a peu varier depuis les années 60. A l'inverse le rendement a énormément évolué dans tous les pays. Il est normal que l'intensité culturale évolue peu, car l'irrigation est connue depuis l'antiquité et donc largement utilisée depuis ce temps pour améliorer le rendement. L'intensité culturale a augmenté dans quelques pays soit par l'apport d'infrastructures lourdes (canaux et pompes d'irrigation) soit par le développement de culture avec un meilleur rendement par croisement ou par génie génétique (les OGM). L'augmentation des superficies pour la culture reste limité au niveau mondial, excepté en Amérique latin où la déforestation de la forêt Amazonienne est importante. L'augmentation du rendement a surtout été possible grâce à l'accroissement de la quantité des intrants dans les différentes cultures.

 

Pérennité des cultures actuelles 

La déforestation : surtout visible en Amérique latine, elle existe partout dans le monde. La déforestation par brûlis permet d'obtenir des terres cultivables fertiles, mais en dégradant la forêt. Cette déforestation est elle un processus viable dans le temps?

"Dans les systèmes de culture sur abattis-brûlis du sud-ouest malgache, le rendement du maïs est affecté d'une forte variabilité spatio-remporelle. Les enquêtes agronomiques réalisées sur les parcelles des agriculteurs au cours de trois campagnes successives, dans la forêt des Mikea et sur le plateau calcaire de Belomotra, ont permis de caractériser l'évolution des rendements en fonction de l'ancienneté de la mise en culture. Les rendements les plus élevés sonr obtenus en première et seconde année, et peuvent alors dépasser 20 q/ha. Ils décroissent ensuite régulièrement, pour se situer à des niveaux inférieurs à 5 q/ha après cinq ans de culture. Cette décroissance résulte de la baisse concomitante de plusieurs composantes: nombre d'épis par plante, nombre de grains par épi, poids moyen du grain. Les rendements dépendent par ailleurs fortement des conditions particulières de chaque campagne: pluviosité, date de semis, attaques de criquets. La baisse des rendements au cours du temps peur être reliée à la pression croissante de l'enherbement, ainsi qu'à la dégradation des paramètres physico-chimiques de la fertilité des sols. Un essai conduit en 1998-99 sur des parcelles cultivées depuis 2, 3, 5 er 7 ans sur sables roux, montre qu'un apport modéré d'engrais NPK permet de relever très significarivement les niveaux de rendement du maïs, quel que soit l'âge de la parcelle. L'influence respective de ces deux carégories de facteurs reste à préciser."

Sociétés paysannes, transitions agraires et dynamiques écologiques dons le sud-ouest de Madagascar S. Razanaka, M. Grauzis, P. Milleville, B. Maizo. C. Aubry CNRE/IRD. Amananariva, 2001, pp 255 - 268

Cette étude démontre que la déforestation pour culture sur abattis-brûlis est une course en avant. Par ailleurs, les sols mis à nu suite à la déforestation sont souvent lessivé par les pluies tropicales ce qui amène à une raréfaction du sol et un apport encore plus important d'intrants. Il est donc nécessaire de trouver une alternative économiquement viable à ce type de culture. De plus la destruction des forêts tropicale accroît le risque d'effet de serre, puisque les forêts tropicales sont de fortes consommatrices de CO2. On considère actuellement dans le monde il disparaît chaque année 40 000 km2 de forêt, soit l'équivalent de l'autriche. 

Irrigation : comme nous l'avons vu pour l'exemple de la mer d'Aral, l'utilisation abusive et non contrôlée des ressources en eau peut provoquer des catastrophes écologique. En France, on constate une diminution importante des nappes phréatiques dans de nombreuses régions. Selon certains experts certaines nappes phréatiques sont en dessous d'un niveau critique et pourraient disparaître. Il est donc primordial d'adapter sa culture aux conditions pluviométriques. Une irrigation mal maîtrisée va aussi favoriser la pénétration des intrants dans le sol et par conséquent la contamination des nappes phréatiques.

Pesticides : utilisé afin de détruire les insectes ravageurs on constate un effet pervers, l'apparition d'espèces résistantes aux insecticides.

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évolution du nombre d'insectes résistants aux insecticide au cours du temps. Source FAO

On constate une augmentation du nombre d'espèces résistantes aux pesticides. Cette augmentation provoque 2 problèmes, l'augmentation de la quantité de pesticide pour avoir la même efficacité, mais aussi l'accumulation de pesticides dans toute la chaîne alimentaire pouvant conduire à l'intoxication des prédateurs voire des consommateurs humains qui pourraient consommer leur viande. il est temps de trouver des solutions pour éviter le cercle vicieux de la résistance - surdosage de pesticides.


Quelles solutions pour le futur ?

Nous avons vu dans le chapitre précédent qu'une agriculture plus respectueuse de l'environnement est possible. La question est de savoir si cette agriculture respectueuse de l'environnement suffira à nourrir les 9 milliards d'individus que nous serons en 2050 (selon les estimations de l'ONU). Selon les certaines grandes sociétés, l'agriculture biologique a un rendement plus faible que l'agriculture classique. Les quelques études comparatives réalisées démontrent qu'une agriculture respectueuse de l'environnement telle que décrite dans le chapitre précédent présente un rendement plus faible de quelques % dans nos pays développé, mais est au moins aussi efficace dans les pays émergent ne pouvant se payer toute les batteries d'intrants (irrigation, engrais, produits phytosanitaire, énergie) ainsi que les cultures OGM à haut rendement. Par ailleurs, de nombreux pays produisent actuellement plus de céréales qu'ils n'en consomment. C'est le cas de l'Europe, mais c'est aussi le cas du Brésil qui préfère exporter sa production alors qu'une partie de sa population est sous-alimentée. Actuellement, on estime que la production mondiale de céréales est capable de nourrir à elle seule environ 8,2 milliards d'individus. Mais pourquoi ne mange pas à sa faim? Car les producteurs ne veulent pas vendre à perte d'une part et que d'autre part une partie de la production céréalière est utilisée pour nourrir les animaux d'élevage. Comme il a été constaté par différents organismes internationaux, que plus une population s'enrichit, plus elle consomme de viande, l'enjeu de nourri la planète à l'horizon 2050 doit être pris en compte rapidement. Enjeu d'autant plus important que le pétrole venant à devenir rare, la fabrication d'intrants, forte consommatrice d'énergie fossile, va devenir problématique. Il est temps de changer nos façons de consommer et de voir l'agriculture.

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Date de dernière mise à jour : 03/01/2013